
.......................................................Naissances Avril 08:
......................................Cinq Brown Rosetted "Cha-Toons" (:-D)
.................................................................(réservés)
................................"Les Quatre Lanciers du Bengal": ...Le Retour !!!
...Passionnés de l'écosystème forestier primaire en général...et des vénérables jungles de la zone Indo-Malaise en particulier, nous avons eu la bonne fortune d'y cotoyer (...sans doute plus souvent qu'à notre tour il est vrai !!! (:-D) quelques grands, moyens et petits félins endémiques de cet écrin d'émeraude s'amenuisant chaque jour davantage, telle une peau de chagrin...
Notre retour à la stabilité hexagonale coïncida avec l'arrivée "frileuse" d'une nouvelle race de chat en Europe:
Le Bengal...fleuron d'une hybridation téméraire et sans précédent entre notre légendaire "minet des cheminées"...et l'un des plus secrets petits félins sauvages asiatiques, dénommé en ces temps déjà révolus Félis bengalensis.
Nous avions bien quelquefois perçu, émanant de l'intimidante mais non moins prévenante sylve pluviale, son crépusculaire bonsoir...sans ne jamais toutefois rencontrer l'opportunité d'en admirer son interprète attentionné, ce dernier devant en effet sa survie et sa relative abondance (en forêt vierge ombrophile, claire ou même "perturbée"...) à son constant souci de discrétion et à son fidèle respect de l'injonction du vieil adage: "...pour vivre heureux...vivons cachés !!! "
Tandis que nos systèmaticiens "félinologues" troquaient le Félis bengalensis pour le Prionailurus bengalensis, le Bengal, quant à lui, se démocratisait quelque peu...
Ce qui stimula derechef le virus que nous avions rapporté dans nos valises à bientôt dévoiler le bout de son nez...ou plus précisément de sa truffe !!!
Dès lors et suite à l'acquisition de notre première femelle Brown Spotted Tabby, prestement mais affectueusement surnommée Tahan (...en souvenir de l'un de nos inoubliables bivouacs et d'une mémorable remontée de rapides sur la rivière Malaise du même nom...), comme tout virus celui-ci nous fit montre de son désir inné de réplication:
...Et c'est ainsi que notre modeste élevage vit le jour !!!
Mais sa nature strictement familiale (nos deux enfants y participant avec joie et entrain !!!) et notre éthique personnelle imposèrent d'emblée les indéniables conditions optimales qui furent à l'origine de notre réputation, lesquelles prévaudront à jamais en notre antre:
...Tout comme nos Bengals adultes, nos chatons doivent impérativement vivre et évoluer avec nous sans entrave aucune...
Chez nous, nul isolement ou confinement de quelque sorte que ce soit: NOTRE ESPACE DE VIE EST CELUI DE NOS CHATS ET VICE VERSA...(mais cela doit ou plutôt devrait aller de soi pour tout élevage à prétention "familiale"...appellation se devant pour le moins d'être respectée pour être méritée !!!).
La réussite rencontrée lors de notre première portée en Août 2003 (de beaux chatons on ne peut mieux et davantage sociabilisés et socialisés...), nous encouragea à renouveler parcimonieusement l'expèrience en prodiguant toujours la même recette, depuis largement éprouvée:
Amour, temps et soins...la cerise sur le gâteau consistant en l'acquis commun partagé entre la mère, ses chatons et nous-mêmes...
...Ainsi, en Décembre 2004, naquit chez nous notre belle et câline Veddha (du Sanskrit: "Celle qui tue pour manger"...), notre seconde femelle chasseresse Brown Spotted/Rosetted Tabby...dont nous décidâmes rapidement la non moins glorieuse destinée: celle d'agrandir notre petite famille Bengalie...
...Laquelle allait s'étoffer de nouveau en Mars 2006, avec l'accueil d'une première petite cousine d'Outre-Atlantique, la magnifique et douce Gogees Ayu* (Brown Spotted/Rosetted Tabby), qui allait nous offrir un présent inespéré : cet accent prestigieux du Nouveau Monde...celui qui avait vu naître la race Bengal !!!
...Afin de peaufiner encore et autant que faire se peut cette grisante "patine", c'est avec grande liesse que nous vous faisons part de l'adoption de Wildforest Bangaon* (également Brown Spotted/Rosetted Tabby), superbe et adorable "cha-toon" originaire de l'Ouest Canadien, région coopérant avec brio au fantastique essor du Bengal sur ce même continent Nord-Américain, incontestable berceau historique et pour le moins prodigue de l'excellence de cette race...
Au plaisir de nous entretenir plus longuement avec vous de cette passion quelque peu virale...donc contagieuse !!!
Félinement vôtre...
Jean-Louis.
(Adresse de notre site: SUNDARBANS-BENGAL)
* En cette occasion, nous tenons très chaleureusement à remercier Gene and Ken Ducote (Chatterie Gogees/U.S.A) ainsi que Gloria and Keith Richards (Chatterie Wildforest/CANADA), pour la grande confiance qu'ils ont bien voulu nous accorder ainsi que pour leurs très sympathiques et franches collaborations, sans lesquelles nous n'aurions pu mener à bien ces deux dernières "aventures"...
...Encore très grand MERCI à vous: ...Gene, Gloria, Ken and Keith !!!
P.S: Un extrait de notre sympathique interview effectuée par Martine Casteran, agrémenté de quelques clichés de nos Bengals, demeure disponible au sein du Hors-Série ATOUT CHAT N°40 de Juin/Juillet/Août 2006: Les Chats Au Look Sauvage - Dossier: Pris sur le vif: Je vis avec un Bengal (en kiosque sur commande ou par courrier en s'adressant au magazine Atout Chat).
-ANNEXES-
APPENDICE 1: TEXTE INTEGRAL DE LA MAQUETTE DE CE CONVIVIAL ENTRETIEN:
-Comment avez-vous connu la race de votre chat ?
…Par votre Mag !!!
-Qu'est-ce qui vous a tout de suite plu en elle ?
Son look de sauvageonne bien sûr !!!
…Quelque peu familiarisés avec celui des félins sauvages forestiers de la zone intertropicale, nous ne pouvions rester plus longtemps insensibles au "feral aspect" du Bengal (...l'apparence sauvage chère aux Anglo-saxons...)
-Comment avez-vous trouvé votre chat ?
Par une petite annonce de naissances…dans votre Mag !!!(…certains de vos lecteurs vont commencer sérieusement à douter de notre intégrité, mais c’est pourtant la stricte réalité vécue !!!)
-Racontez son arrivée chez vous...
…Son « wild look » évident est une chose…mais la cinétique du Bengal en action en est une autre qui ne fit qu’accentuer encore cet aspect et nous conforta davantage et de suite dans l’excellence de notre choix…
Admirer ce nouveau venu explorer son futur territoire de manière aussi circonspecte mais non dénuée d’assurance et en prendre aussi « félinement » et rapidement possession… nous renvoya derechef à nos émotions et observations passées de nombreux félins sauvages « en maraude » dans les forêts du Sud et du Sud-est asiatiques :
…Notre appartement devenait un…son ( !!! ) terrain de chasse…avec une petite prédilection cependant pour notre salle de bains et notre cuisine qui firent rapidement offices de points d’eau intermittents ou de garde-manger aux proies faciles et nonchalantes !
…Le Bengal bénéficie d’un esthétisme indéniable de nature…mais l’observer se mouvoir avec grandes performance et discrétion dans son propre salon, confortablement affalés dans son canapé, sans les moustiques et les sangsues de rigueur en de telles occasions, auréole et embellit encore ses superbes prestations, croyiez-moi !!!
-Quelles sont ses qualités principales ?
…Comptez-vous éditer ce numéro en vingt-quatre volumes reliés de 500 pages chacun ???
...Non, plus sérieusement...le Bengal est à nos yeux et sauf votre respect, « Le Chat » ressuscité !!!
Celui qu’il aurait toujours dû demeurer !!!
Mieux…à défaut d’un « Superman » autre que virtuel, il est un « Supercat » bien ancré dans la réalité quant à lui !!!
…Quoiqu’en disent certains coupeurs de « poils » en quatre « embringués » dans des querelles de pourcentages inhérentes « à la part résiduelle de génétique sauvage héritée du Prionailurus bengalensis (Chat Léopard d’Asie) chez le Bengal » et sans vouloir enflammer davantage et encore la polémique…ce sont de façon certaine ces quelques % (…plus ou moins 5, s’accordent à dire nos « félinologues ») qui fondent et laissent à l’observateur candide ou averti ce sentiment de « différence » et nous offrent ainsi le présent royal de ce Chat extraordinaire qu’est le Bengal !!!
Mais rassurez-vous, ceci dans le bon sens du terme…car reflet d’un travail rigoureux d’éleveurs passionnés (…et ce aujourd’hui sur de multiples générations de sujets), le Bengal est aujourd’hui esthétiquement beaucoup plus proche de l’Idéal recherché qu’il ne l’a jamais été :
Maintenir et perpétuer une apparence sauvage mue et habitée par le tempérament bonhomme de notre minet légendaire des cheminées : C’est le mythe du « Bon Sauvage » revisité et devenu enfin réalité !!!
Les quelques dizaines de milliers d’années supplémentaires de « Lutte pour la Vie » et de « Survie des plus aptes », dans un monde sauvage où la compétition sans merci entre les prédateurs fait rage, ont littéralement « forgé et trempé » le Prionailurus bengalensis…et c’est une part de cet inné qu’il a généreusement légué au Bengal, si infime soit-elle !!!
C’est elle qui fait cette différence…ce particularisme qui a offert au Bengal, hormis son look et ses performances physiques peu communes, un intellect nettement au-dessus de la moyenne féline domestique…
Vous m’estimez sans doute trop partial !!!
Juste un petit exemple (…parmi d’autres, puisque comme vous le supputiez d’ores et déjà, nous restons persuadés par expérience personnelle que le Bengal est une race d’exception !!!) :
…Avez-vous déjà été attentivement observé par votre chat lors de vos ablutions…sans doute aucun. Mais l’avez-vous déjà surpris avec stupéfaction (… ceci dans les minutes qui suivaient), minutieusement occupé à manipuler et actionner avec succès de ses pattes antérieures ce même robinet (celui dont vous veniez de faire usage sous ses yeux…) afin de se désaltérer copieusement, puis de se toiletter avec un plaisir et une autosatisfaction évidente et…dégoulinante ?
…Oui c’est vrai, pour les puristes, nous nous devons de vous l’avouer : nos Bengals, peu au fait des préoccupations écologiques et légitimes de chaque Citoyen d’aujourd’hui qui se respecte, n’ont cure ensuite de clore nos robinets après s’être ébroués dessous…Il doit sans doute leur manquer encore quelques décennies de « Struggle of Life » !!!
…Ce qui est loin d’être le cas concernant la moindre porte, dont l’ouverture est un jeu d’enfant pour tout Bengal qui se respecte (…La prochaine année des « S », n’hésitez pas, nommez « Sésame » votre Bengal !!!).
…En conclusion, ce qui demeure l’exception chez les autres races félines semble bien être la règle générale chez le Bengal !!!
-Et ses défauts ?
…L’angoisse de la page blanche vous effraie-t-elle ???
…Non, désolés, nous sommes peu « perspicaces » en cette matière !!!
-Ses manies ?
Le Prionailurus bengalensis, ce petit félin sauvage asiatique aux tendances arboricoles et pour le moins « amphibies », occupe divers biotopes, mais une constante semble incontournable pour satisfaire son bien-être et sa survie discrète : la proximité de l’eau…qui lui permet, entre autres, de faire disparaître toutes traces de sa présence, puisqu’il l’utilise à cet effet en y éliminant ses déchets naturels…
C’est le Chat Léopard d’Asie qui a légué en héritage au Bengal cette véritable fascination qu’exerce sur lui l’eau, courante et fraîche de préférence : le moindre écho sonore d’éclaboussures, le moindre clapotis ou « glou-glou » le fait d’emblée accourir !!!
Mais laissez-nous vous conter à ce sujet une petite anecdote :
…Partis en week-end familial dans l’Yonne accompagnés de nos Bengals, nous arrivâmes enfin chez nos parents…le voyage, pour cause conjuguée de météo torride et d’affluence effective, avait été quelque peu… éprouvant.
Aussi, oubliant notre habituelle réserve, nous délivrâmes nos chats sans plus de cérémonies dès l’ouverture des portières…
Tahan, notre seconde femelle, tout d’abord prudente et circonspecte comme à son accoutumée, se dressa debout sur son arrière-train aux aguets, scruta au loin…puis s’engagea dans un galop fulgurant en direction de la pièce d’eau sise à l’extrémité opposée du jardin…laissant là sans doute par intuition notre corvée promise de bagages, nous lui emboîtâmes le pas, enfin...celui de course !!!
…Juste à temps pour l’admirer effectuer un plongeon de haut vol irréprochable dans le bassin en question !!!
Nous restâmes cois quelques secondes…puis la vîmes réapparaître, la tête ceinte d’une feuille de nénuphar, visiblement ravie de sa prestation de nymphette et de son effet sur sa sœur inquiète, qui n’allait pas tarder à la rejoindre cependant…
La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans le petit village :
...Le lendemain, ses affables habitants ne parlaient plus que de ces...drôles de chats croisés avec des loutres arrivés la veille de Paris !!!
-Avez-vous d'autres animaux et comment se comporte-t-il avec ?
Non…hormis d’autres Bengals !!!
Mais, pour pallier à ce manque, nous avons par contre dans notre entourage de multiples exemples où la cohabitation des Bengals avec d’autres animaux se passe merveilleusement bien…qu’il s’agissent d’autres races de chats bien sûr, de furets, de chiens ou…même de porcins !!!
(…Un conseil cependant, évitez toutefois les poissons exotiques d’ornement…c’est une « nourriture vivante » hors de prix de nos jours !!!)
-Et avec vos propres relations humaines ?
…Le Bengal étant très demandeur en ce domaine, c’est encore une fois le Top interactif assuré !!!
Même les chattes…réputées d’ordinaire plus indépendantes et moins câlines que les mâles félins de toutes races sont franchement…Adorâââbles !!!
-Rêvez-vous d'en avoir deux ?
…Oui, il est vrai que nous avons, dans un passé maintenant lointain, fréquemment fait ce songe… mais seulement durant la prime quinzaine de jours qui a suivi l’arrivée de notre premier Bengal !!!…puisqu’un second l’a rejoint à l’échéance de ce court laps de temps, puis un troisième...puis…
…Bref, nous vivons maintenant 24 h sur 24 avec quatre Bengals à la maison (… et au jour de votre interview s’entend !!!)
-Reprendrez-vous un chat de la même race si jamais il disparaissait ?
Oui…bien sûr !!!
(...Mais à moins d’une tragique et fulgurante épidémie dévastatrice…nous nous sommes de la sorte mis à l’abri d’une telle éventualité en choisissant le mode « colonie » !!!)
…Nous avons toujours vécus entourés d’au moins un chat (…depuis ma plus tendre enfance en ce qui me concerne), qu’il soit dit « de maison » ou « de race »…
Mais force est de vous l’avouer… depuis notre première expérience « bengalie », nous sommes persuadés que nous resterons désormais…de fidèles indécrottables de cette race géniale !!!
-Avez-vous des anecdotes amusantes à son sujet ?
Cette fois encore, vous prenez des risques avec nous…sur la « longueur » s’entend !!!
...L’une de nos femelles, Tahan (…et oui, encore elle !!!) étant en proie aux affres de son premier oestrus conséquent…nous appelâmes à la rescousse des amis éleveurs, mais plus précisément encore les "services spéciaux" et vivement sollicités de leur étalon !!!
A cette époque, notre terrasse n’était pas encore la véranda qu’elle est depuis devenue…
Stressé sans doute par son périple routier, le fier destrier en question se mit à miauler dès sa sortie de voiture comme savent le faire les mâles en cette occasion : nous l’entendîmes nous-mêmes de notre intérieur, malgré la distance qui nous séparait de lui et de nos amis garés en bordure de route…
…Tahan également bien sûr !!!... bien avant nous sans aucun doute !!!
C’en était trop pour notre amoureuse éplorée…avant que nous ne réagissions, elle escalada le parapet de notre terrasse en répondant avec force et sonorité aux appels de celui qu’elle pressentait être son futur soupirant et…se jeta sans retenue du premier étage dans le vide… vers son « sauveur »!!!
Elle l’entoura de suite d’un accueil pour le moins « chaleureux », prévenant et pressant, qui le rassura…très rapidement !!!
On ne vit depuis préliminaires félins (…les chattes demeurant généralement pourtant expertes en la matière, comme vous n’êtes pas sans l’ignorer !!!) plus prestement bâclés et reportés aux « calendes bengalies »…
Nos tourtereaux passèrent promptement « sous et à table », puis sans plus de convenances au « plat de résistance »…lorsque nous n’en n’étions toujours quant à nous qu’à la présentation des « amuse-gueules » !!!
Jean-Louis Compère - Chatterie des Sundarbans
(Tous droits réservés et déposés - Reproduction interdite)
APPENDICE 2: "TEXTE D'UN ELEVEUR PASSIONNE: JEAN-LOUIS COMPERE NOUS PARLE DU BENGAL"...(Texte publié en ligne sur le site du Cercle Félin du Bengal)
(Essai hypothétique sur les origines d'une supposée socialité "particulière" au Bengal...où il sera question de Jean Mill...d'une certaine "Maison bleue adossée à la colline"...et surtout du non moins croustillant "Livre de la Jungle"..≈ Rudyard Kipling).
Si les chats ne font pas exception à la règle générale féline, c'est-à-dire ne sont pas des sujets particulièrement sociaux, on ne peut pour autant prétendre qu'ils soient franchement asociaux...
Et la nuance est de taille: les communautés "urbaines" (chats des villes!) et"campagnardes" (chats des champs!) de chats de ferme ou de chats harets sont là pour en témoigner.
Mais en ce qui nous concerne , laissons-là l'impasse ou le cimetière, la cour de ferme ou le bocage, et revenons-en à notre sujet d'intérêt et d'élection: le Bengal...
Quelques éleveurs et nous mêmes, sans nous bombarder "Doctors in Ethology", avons pu constater une propension certaine du Bengal à la communauté, que celle-ci soit intra ou pluri-raciale, voire pluri-spécifique:
Le Bengal n'hésite pas en effet à rechercher la compagnie de ses semblables ou celle d'autres animaux familiers comme le chien, par exemple (celui du poisson rouge...par expérience personnelle, n'en étant pas un bon!)
L'on peut même avancer, sans prendre trop de risques, que cette compagnie recherchée entretient et participe à son bien-être dans une large mesure, sans pour autant influencer ou nuire à l'appréciation qu'il a de la nôtre...
Ces éleveurs, dont nous sommes, ayant souvent dans le passé élevé ou cotoyé d'autres races de chats, ne peuvent donc tous être uniquement taxés de doux rêveurs-passionnés-illuminés-subjectifs genre:
"Les Bengals sont plus "beat" que n'importe quelle autre race de chat (dixit : surtout ceux d'entre-eux élevés aux fumigations illicites (!) de leurs mentors...), d'ailleurs les miens partent chaque année en colonie dans une "trop trop cool" Maison Bleue du côté de San Francisco et hippies plus partout à leur retour... ce qui n'est pas grave nul!"
Bon...d'accord... restons sérieux...
...Nous sommes donc quelques-uns, disais-je, à supputer que le Bengal soit plutôt (pas le chien !) un chat "grégaire", voire "communautaire" en regard des autres races de chats...et que cette spécificité satisfaite et respectée semble même être l'une des conditions optimales de son bien-être et épanouissement...
Ce constat étant toléré, si ce n'est accepté (... et puis c'est tout!) par les deux parties...reste à tenter de comprendre le pourquoi du comment de cette différence et particularité...
Comme chacun d'entre nous le sait (?) la seule caractéristique d'importance que notre chat préfèré ne partage point avec les autres races de chats domestiques est la suivante (et ce n'est pas Jean Mill qui me contredira...) :
Il est le fruit d'une hybridation, c'est-à-dire celui d'une savoureuse et hasardeuse rencontre entre deux espèces (et non races...) et leurs gènes respectifs.
Ayant écarté d'emblée ceux que notre Bengal possède en commun avec les autres minets, la poursuite de notre raisonnement nous conduit donc à cette évidence (?!):
Ce qui est à l'origine de la différence comportementale du Bengal vis à vis de ses commensaux ne peut qu'être la conséquence de l'apport de son autre pourvoyeur génétique : le Prionailurus bengalensis...
Nous allons donc tenter de voir ensemble si cette hypothèse "tient la route" dans la Jungle, notre ami Kipling ayant omis, par inadvertance sans doute, de nous éclairer notre "lanterne bengalie" à ce sujet...dans son célèbre "Jungle's Book".
Nous prendrons donc tout d'abord un certain recul en élargissant notre débat à quelques-uns des autres ≈ de la riche famille des Félidés... Puis nous reviendrons à nos moutons ou plus précisément à notre "loup dans la bergerie" c'est-à-dire à notre ami précieux (quoiqu'en disent certains cas précoces d'Altzeimer...), j'ai nommé : Prionailurus bengalensis...
Les félins, dans leur ensemble et à l'exception du Lion (Panthera leo), sont généralement appréhendés comme anti-sociaux par excellence...ce qui ne veut pas dire asociaux, loin s'en faut, ainsi que nous allons tenter de le démontrer.
En effet, sur le terrain, de nombreux naturalistes ont pu relever des entorses à cette généralité supposée dans le cadre intra-spécifique, le seul qui nous intéresse ici.
Ainsi, les chasses communautaires de fratries sub-adultes de Guépards (Acinonyx jubatus) sont fréquemment rapportées.
Celles, durables ou temporaires, de couples de Jaguars (Panthera onca), d'Ocelots (Leopardus pardalis) ou de Panthères/Leopards (Panthera pardus), avec communication vocale interactive, sont également répertoriées dans la littérature éthologique féline.
Même le Tigre (Panthera tigris) peut faire montre d'une certaine souplesse et tolérance inattendues vis à vis de ses semblables, voire de sa progéniture insoupçonnée (?) pour les mâles...le territoire de ces derniers recouvrant souvent celui de deux ou trois, voire quatre femelles (ce qui semble être une "institution" chez la gente féline, variable cependant en fonction des milieux naturels et de l'abondance des proies inféodées à ces biotopes).
Cette promiscuité favorise si ce n'est le rapprochement volontaire, du moins les rencontres de type fortuite, bien qu'une véritable panoplie de "balisage" territorial soit déployée en permanence afin d'éviter les confrontations inutiles.
De plus, si l'on a parfois rapporté chez cette même espèce quelques cas "d'infanticides" perpétrés par des mâles par trop pressants (voire pressés !) à dessein de précipiter la disponibilité des femelles...cette même technique expéditive est également usitée par les Lions mâles, espèce pourtant réputée la plus "sociale" parmi les félins !
A l'inverse, de nombreuses observations de Tigres mâles visitant, tolérant voire jouant affectivement avec leur descendance "présumée" ont été signalées.
Les avantages et inconvénients sélectifs de ces conduites diamétralement opposées pour l'évolution de l'espèce n'ont du reste pas encore été déterminés.
A l'encontre des grands félins, le Prionailurus bengalensis, quant à lui discret à la fois de taille et de comportement, est très rarement observé et encore moins étudié dans son milieu naturel.
Concernant notre sujet d'interrogation, seul un certain Lord Medway (naturaliste...britannique) fit, par le passé, mention d'une observation "in situ" de ce qui pourrait s'apparenter à un clan familial, formé d'un couple parental et de deux juvéniles partageant ensemble leurs occupations du moment: ablutions matinales "amphibies", jeux et farniente attendrissant...
Les observations en captivité des quelques rares détenteurs de petite communauté de Prionailurus bengalensis et notre témoignage personnel nous paraîssent non seulement accréditer cette thèse (en lui enlevant de surcroît son caractère d'exception) mais plutôt même la conforter.
Et l'opportunité de notre naturaliste anglais, pour isolée qu'elle soit (du fait même de la rareté de celles-ci sur le terrain), tend à prouver que nous ne sommes pas les rapporteurs et témoins d'une dérive comportementale de type "juvénile" engendrée par la captivité, mais de l'expression naturelle d'un mode de vie tendant à la communauté, lorsque les conditions optimales d'abondance et de sérènité sont réunies, comme d'ailleurs elles devraient l'être de concert chez nous tous...pour nos Bengals.
* Hormis les mâles entiers ayant déjà goûté "à la délicieuse sensation accompagnant la dispersion de leurs gènes" (ayant déjà sailli quoi !!!)...lesquels, en présence de femelles ou de leurs phéromones, ne se supportent guère dans le cadre d'un espace domestique...sauf exception, laquelle ne ferait alors que confirmer la règle générale en vigueur dans le genre félin.
Conclusion : Y'en a pas, c'est...vous qui voyez !!!
Jean-Louis Compère - Chatterie des Sundarbans
(Tous droits réservés et déposés - Reproduction interdite)
APPENDICE 3: "LES HYBRIDES...ces compagnons sans lesquels le "Bengal's Project" n'aurait pu voir le jour"....(Texte publié en ligne sur le site du Cercle Félin du Bengal)
Les premières générations de Bengals (ou Bengals hybrides), sont biologiquement et chrono-génétiquement répertoriées comme suit:
- Prionailurus bengalensis x chat Bengal domestique = Bengal hybride F1
- Bengal hybride F1 x chat Bengal domestique = Bengal F2
- Bengal F2 x chat Bengal domestique = Bengal F3
- Bengal F3 x chat Bengal domestique = Bengal F4 = Bengal domestique (SBT)
Les Bengals hybrides F1, F2 voire F3, fleurons d'une hybridation chronologiquement proche (à fortiori les F1) avec Prionailurus bengalensis sont par conséquent des félins qui expriment un "look" sauvage indiscutable mais plus ou moins prononcé selon l’alchimie utilisée.
En effet, seuls les sujets de première, seconde et parfois troisième génération ont conservé au mieux une morphologie et une esthétique relativement proche de l'archétype sauvage Prionailurus bengalensis, bien qu'adoucies progressivement par les apports génétiques successifs du chat Bengal domestique.
Ces chimères remarquables sont les « fruits d'une marmelade » hasardeuse de gènes d'origines diverses, dans leurs cursus comme dans leurs expressions finales.
Ainsi, ce véritable "melting-pot" génétique nous offre fréquemment des animaux à l'aspect hétérogène dont le phénotype (l'expression réflèchie, externe et visible du génotype) est plurimorphe, particulièrement chez les deux premières générations d'hybrides.
Nous nous trouvons donc face à des animaux dont l'aspect n'est pas encore tout à fait celui du chat, mais plus tout à fait non plus celui du petit félin sauvage asiatique ayant participé à leur "élaboration"…sur les directives et choix du genre humain, apprenti sorcier de toujours…
Ce sont généralement des animaux d'une intelligence remarquable en partie héritée de leur ancêtre biologique sauvage. Lequel a subi et subit encore de nos jours la pression implacable d’une âpre sélection naturelle à laquelle il se doit de répondre par des adaptations aussi rapides qu'adéquates (les mutations de caractère opportuniste offrant une palette de possibilités aussi variées qu'incertaines...) afin d'assurer la survie de l'espèce. Cette pression est d'autant plus forte pour Prionailurus b. qu'il reste un modeste prédateur (par la taille), lui-même la proie d'une super-prédation : celle des grands et moyens félins sauvages asiatiques auxquels s'ajoute, selon la latitude, celle des hyènes, des cuons (canidé sauvage asiatique), des loups et autres coureurs au long cours…sans oublier bien sûr son ennemi public numéro un, l’Homo sapiens !!!
Tout ce à quoi notre Felis catus (chat domestique et Bengal S.B.T dans une moindre mesure) a "échappé" en s'acheminant lentement vers le phénomène de domestication depuis environ une dizaine de milliers d'années...
Il est important de souligner que le phénomène"d'adoucissement progressif" déjà évoqué (effet des apports renouvelés des chats Bengals domestiques au cours des phases d'hybridations successives) se manifeste tant au niveau de l'aspect esthétique qu'en celui de l'émotionnel (souplesse de caractère de plus en plus évidente...)
D'autant que lorsque leur sociabilisation est optimale, les Bengals hybrides deviennent de charmants compagnons, câlins voire parfois franchement "pots de colle".
Si la sexualité de ces félins n'échappe pas aux règles du genre, leur reproduction effective n'est en contrepartie pas chose aisée :
- tout d'abord, les mâles des premières générations sont stériles, comme beaucoup d'autres hybrides de mammifères.- les femelles quant à elles ne sont que très parcimonieusement fertiles (la première génération notamment).
- de plus, conséquence supplémentaire inhérente à l'hybridation, leur comportement de "mères stressées" est parfois confus, voire conflictuel, les menant parfois à un cannibalisme post-natal immédiat par un phénomène de non-reconnaissance gènique.
En élevage, il n'est donc pas facile de parvenir à la quatrième génération d'une lignée (la première "acceptée"comme Bengal domestique ou S.B.T.) tout en tentant de préserver au mieux les caractéristiques physiques proches de celles du Prionailurus bengalensis.
En regard des premières hybridations effectuées dans le passé avec des chats domestiques d'origine hétéroclite (la race Bengal n'étant pas encore alors apparue en tant que telle…), de grands progrès ont cependant été depuis accomplis puisqu'à l'heure actuelle, les géniteurs "chats" (mâles ou femelles) utilisés dans le cycle des hybridations sont des Bengals, déjà porteurs d’un phénotype avoisinant quelque peu celui de « l’idéal » recherché…
NB: En vertu de l'application de la Convention de Washington, seuls les F1 sont considérés comme "hybrides" et sont donc assujettis aux mêmes règles de restriction et de protection que les Prionailurus bengalensis.
Jean-Louis Compère - Chatterie des Sundarbans
(Tous droits réservés et déposés - Reproduction interdite)
APPENDICE 4: "A PROPOS DE LA PHASE DE CAMOUFLAGE" (Texte publié en ligne sur le site du Cercle Félin du Bengal)
"...La difficulté de choisir un chaton Bengal réside dans le fait que ceux-ci traversent de nombreuses phases et changent considérablement d'aspect lors de leur développement. Celui du chaton que vous découvrez n'est pas nécessairement ce vers quoi il tendra finalement. Les éleveurs expérimentés connaissent l'évolution de leurs chatons, et peuvent vous guider dans votre choix.
Les chatons Bengal naissent tachetés, mais traversent fréquemment une période "brouillonne et grisâtre" entre 6 et 16 semaines (...celle-ci intervient en corrélation avec la phase de camouflage rencontrée chez les jeunes carnivores sauvages). A ce stade, quelques bons repères subsistent cependant et augurent la couleur définitive atteinte à maturité: l'envers des oreilles, les joues, et les pattes antérieures semblent développer précocement cette future pigmentation. Si durant ce laps de temps ces zones expriment avec abondance une certaine saturation, celle-ci désignera la teinte générale du corps qui l'emportera finalement.
Vers 4 mois, leur pelage deviendra souple et soyeux, et leur marquage de plus en plus craquant..."
(Dans "DECOUVREZ LE BENGAL" de Gene Ducote...avec notre reconnaissance et nos remerciements concernant la très aimable autorisation accordée par son auteur à cet usage et effet)
Traduction, interprètation et copyright inhérent:
Jean-Louis Compère - Chatterie des Sundarbans
(Tous droits réservés et déposés - Reproduction interdite)
APPENDICE 5: Texte: "EPILOGUE ET REVERIE"
AURA SAUVAGE...
Les conditions féline et humaine ne communieront certes jamais à l'unisson...
Néanmoins, à la fortune d'une impulsion tant soudaine qu'imprédictible en quête de notre assentiment jubilatoire, ou au détour d'un regard* malicieux de complicité entendue...nous caressons parfois la prescience d'une errance commune à l'orée d'un état de grâce:
Cette rencontre émotionnelle tant attendue...
Nous sommes alors à des années lumière de notre monde désabusé de sur-communiquants abusés d'artifices...aux frontières lisérées d'un double miroir où nos impressions réflèchies seraient enfin et sans tain partagées avec l'Autre:
Notre Autre animal...
En ces rares instants d'intense félicité...une lucarne juste esquissée s'entrouvre alors et nous fait l'offrande de l'aura sauvage d'un autre univers...d'une autre dimension où planent encore les ombres reliques de ces sensations disparues que nous avions oubliées...
Que nous n'avions peut-être même jamais éprouvées, mais seulement pressenties et effleurées...
Ce monde perdu...si les félins semblent en être les derniers témoins et furtifs visiteurs, les Bengals en sont les meilleurs ambassadeurs...
*Ce regard qui importe plus que la chose regardée...(Lanza del Vasto)
Jean-Louis Compère - Chatterie des Sundarbans
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